Le management Google et Facebook, contre le modèle français

De nombreux modes de management existent dans le monde. Cependant, nous allons nous intéresser plus en détails à deux d’entre eux: le modèle des entreprises californiennes et le modèle des grosses entreprises françaises, qui s’opposent radicalement l’un à l’autre.

Les dirigeants des entreprises utilisant le modèle californien ont des principes simples mais pas toujours très faciles à mettre en place: mettre les ressources humaines au centre de l’entreprise, donner de l’importance à l’humain pour avoir en retour un travail de qualité. Ce sont surtout les entreprises situées dans la Silicon Valley qui utilisent ce modèle. Dans cette région citons Google, Facebook ou encore Pixar qui utilisent un mode de management participatif: ouverture d’esprit et enthousiasme, recueil d’informations,  partage des idées et des contraintes, recherche d’idées et créativité, construction commune. Dans le management participatif on retrouve la théorie Y selon laquelle faire des efforts physiques et mentaux au travail est aussi naturel que s’amuser, le contrôle et la punition ne sont pas les seules façons de faire travailler les gens, si un travail apporte des satisfactions, alors l’engagement envers l’entreprise s’améliore. Aussi, mis dans de bonnes conditions, l’individu accepte et recherche les responsabilités.

facebook bureaux

Dans les bureaux de Facebook

Les entreprises utilisant le modèle californien obtiennent donc des résultats: l’organisation est construite autour de principes de confiance et d’auto-contrôle, les employés utilisant cette liberté pour mieux s’impliquer dans le travail. Ils sont alors beaucoup plus aptes à prendre des initiatives et à accepter les responsabilités.

bureaux facebook

Salle de détente pour le groupe Facebook

Prenons l’exemple du Googleplex. Là-bas, comme dans la plupart des entreprises utilisant le management californien, l’ambiance est détendue. Tout est prévu pour que les employés se sentent bien et n’aient qu’une seule vie : la vie au bureau. C’est-à-dire que toutes les activités sont concentrées dans l’entreprise même. On retrouve donc des laveries, des services de médecins, des restaurants gratuits (il y en a 14), des espaces de détente (piscine, massages), des jeux pour enfants au milieu des bureaux. Des pique-niques familiaux et des “ Pyjama Day ”sont même organisés au sein du groupe. Selon les dirigeants de ces entreprises, favoriser l’esprit de détente aiderait les employés à être plus motivés pour aller travailler que s’ils avaient trop de règles à suivre. Google veut aussi éviter “ le millefeuille de contrôles hiérarchiques ”, donc la pression dû à la hiérarchisation. C’est pourquoi il applique la “ règle des 20 % ” qui offre la possibilité aux ingénieurs de consacrer 20 % de leur temps à des projets personnels ne rentrant pas directement dans le cadre de leur mission initiale. Car Google part du principe que ce ne sont pas les chefs qui savent tout mais que l’innovation peut venir de chacun. Cette règle a déjà fait naître énormément de projets tels que Gmail, ou Google reader. Cependant, certaines dérives ont été constatées: en effet, certains collaborateurs avaient tendance à passer plus de temps sur leur projet “ personnel ” que sur la mission pour laquelle ils étaient rémunérés. De plus, à cause du modèle californien, la vie privée des employés n’est plus respectée. Ils vivent constamment dans leur entreprise, ils mangent, dorment, jouent…dans les locaux et sont constamment avec leurs collègues, ce qui entraîne la destruction de leur espace vital familial.

jeux googleplex

Salle de repos Googleplex

En France, la vision des choses n’est pas la même.  La plupart des français considèrent qu’ils ont  une vie au travail et une vie à la maison, deux lieux bien séparés. Dans les grandes entreprises, ils sont souvent fliqués, leur travail n’est pas valorisé et ils doivent exécuter leur tâche sans avoir le droit de donner leur avis. Le modèle de management repose sur la théorie X selon laquelle comme la plupart des gens ressentent une profonde aversion à l’égard du travail, ils doivent être contrôlés, voire menacés, afin qu’ils travaillent suffisamment bien.  Ainsi, les travailleurs ne fournissent l’effort attendu que sous la contrainte. La théorie X est donc en quelques sortes un cercle vicieux dans lequel l’organisation est construite sur des règles strictes et des contrôles sévères. C’est pourquoi les employés choisissent de travailler le moins possible et adoptent une attitude passive. Ils fuient alors les responsabilités. Ce type de management est assez autoritaire et est souvent mal supporté par les salariés. De plus, il augmente l’aversion des salariés vis à vis du travail. Mais ne faisons pas là un cas général, ce ne sont pas non plus TOUTES les grandes entreprises françaises qui fonctionnent de cette manière: chaque société a sa façon de gérer ses employés.

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Le Googleplex

Tous ceux qui lisent cet article sont probablement en train de se demander pourquoi les grandes entreprises françaises n’appliquent pas la méthode de management californienne, qui, j’en conviens, est plus appréciable. Mais tout n’est pas si simple, la société française n’est pas la même qu’aux États-Unis ! En France, la relation patron/salarié est très ancrée dans les mœurs car les entreprises ont toujours mis en avant la hiérarchie. De plus, les chefs d’entreprise sont plus axés sur la rentabilité de leur affaire que sur le bien-être de leurs salariés. Voila pourquoi il serait difficile de les faire changer!

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